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    <title>Outre-Rêve</title>
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    <description>Réseau littéraire</description>
    <lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 15:11:58 +0100</lastBuildDate>
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      <title>Outre-Rêve</title>
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      <title>Ornement</title>
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      <description>ORNEMENT&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;Je me suis longtemps accroché&lt;br /&gt;A ta lumière qui plane,&lt;br /&gt;Au dessus de la mer et des montagnes,&lt;br /&gt;Enluminant mon corps et mon âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je me laisse bercer par tes vagues,&lt;br /&gt;Ecoutant leur chant secret.&lt;br /&gt;Maraudant comme un oiseau magique&lt;br /&gt;S’imprégnant de tes couleurs et de tes flammes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le goût amer qui monte dans la vapeur violette&lt;br /&gt;Je vis dans ta volupté aux ailes d’archange,  &lt;br /&gt;Au couché du soleil déployant une nappe&lt;br /&gt;tissée d’écume.&lt;br /&gt;Mystérieux breuvage&lt;br /&gt;pour les sirènes et les crustacés.&lt;br /&gt;Que les dieux nomment &lt;br /&gt; perles dans leurs ouvrages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon cœur dans des pantoufles de nuages&lt;br /&gt;bat, réchauffé par l’éclat de cette image.&lt;br /&gt;Et vibre au dessus de cet immense miroir&lt;br /&gt;Couvrant les profondeurs géantes&lt;br /&gt; Cachant les égarés et les douloureux &lt;br /&gt;décrit dans tes pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seuls les vents sont capables&lt;br /&gt;De rouler la houle l’étalant&lt;br /&gt;sur le sable. &lt;br /&gt;Refuge des âmes, image des divinités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ! Mystérieux nectar&lt;br /&gt;Ton sel éternel, désagrège les nuages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je reste le cœur nu dans tes livres&lt;br /&gt;T’offrant mon âme purifiée,&lt;br /&gt;te laissant couler dans mes veines exilées.&lt;br /&gt;Fondant dans ta composition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zoran Savic&lt;br /&gt;</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 11:52:37 +0100</pubDate>
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      <title>Le mantra de mère</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8506</link>
      <description>Il était à peu près 1Oh, un jour de semaine ordinaire. Une belle journée baignée de soleil s’annonçait. La vie s&#039;activait teintée de sons, chargée d&#039;odeurs, éclaboussée de couleurs. Elle se propageait comme un virus. Un virus qui, aussi proche ou loin soit-il de vous portait un chuchotement qui ne manquait jamais de se déverser dans vos oreilles  d&#039;un air de dire « Hé n&#039;oublie pas je suis là ».  Il était à peu près 10 h à l&#039;intérieur d&#039;une maison ordinaire. Dans une pièce qui s&#039;apparentait à une chambre, sur un lit en bois de deux places un corps gisait quasi inerte. Si on se concentrait, on pouvait percevoir un souffle à travers le silence. Ici une personne dormait profondément. C’était  moi. La tête entre deux énormes coussins, j&#039;étais hors-circuit,  transporté de ce côté-ci du rêve. J&#039;ignorais où ma conscience pouvait s’être réfugiée et je ne m&#039;en souciais plus. Tout ce qu&#039;il me fallait c&#039;étaient quatre murs, un plafond, un lit et du silence. J’errais quelque part au sein de profondeurs insondables. Black hole divin, libéré du véhicule, jouissance intemporelle…Puis, comme un harpon transperce un poisson trop naïf et le ramène à la surface, un coup de téléphone força ma conscience. Ma première réaction fut une non-réaction.  L&#039;appareil m’apparaissait tel un fou criant dans une salle de cinéma à son héros projeté sur l&#039;écran : « Fais gaffe, le tueur est sur ta gauche ! » Comme deux dimensions qui ne seront jamais en contact.&lt;br /&gt;Par instinct je commençais à bouger, enfin je crois que ça y ressemblait. Ou était-ce plutôt une naissance ? Une mise-bas ? Sur le rectangle onirique, on assistait à l&#039;éruption d&#039;un volcan.  Le sommet de la montagne se craquela, se souleva et se déchira par à-coups. La couverture ondulait, les draps agonisaient à moitié répandus sur le sol, le matelas tremblait... hypno transe chamanique.&lt;br /&gt;Puis, dans un time out les coussins se soulevèrent sec éjectés au loin. Une petite tête rasée et hargneuse fit alors son apparition. La lave au bord des lèvres, de la cendre au coin des yeux, je gouttais mon haleine fétide. La chambre en résistance tentait de feindre la venue du jour. Elle pleurait ses amis rideaux morts au combat. Ils avaient été mitraillés sans relâche depuis l&#039;aube par des rafales de balles-lumière (assurément l’œuvre d&#039;un sniper gradé du monde « du dehors »). Je compatis.  Cette guérilla donnait à la pièce l’ambiance typique de cette heure matinale, à savoir une tonalité chaude et ronde, d’une douce nuance indescriptible et familière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la manière d’un robot, je me saisis du cellulaire et le portais à hauteur de mon cerveau :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  Allo&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui allo bonjour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  c&#039;est qui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourrais-je parler à Tomoko ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cet instant, je fus pris d&#039;un douloureux vertige. Quelque chose d&#039;indicible ébranla ma réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  euh oui c&#039;est à dire que... C&#039;est de la part de qui ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en posant cette question, ma voix m’apparut comme celle d&#039;un autre. Le temps se figea ici, mais de l&#039;autre côté il s’écoulait sans aucune pitié, je l&#039;entendais :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis bien chez  Tomoko ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- euh oui je crois bien, mais que lui voulez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J&#039;ai un message pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- (ma tête tambourinait)... Ok je vous écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souffle me manqua. Dans quelle réalité me trouvais-je à cet instant ? Avais-je basculé ailleurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Dites à Tomoko de ne pas ramener les affaires d&#039;hier, je dis bien « ne pas ramener les affaires d&#039;hier ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- estomaqué : ... Euh ok&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Très bien (avec de la joie dans la voix) merci beaucoup, au revoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- hé attendez s&#039;il vous plaît&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui qu’y a t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A travers le téléphone sa curiosité était palpable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- hum... (Toussotement volontaire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Etes-vous au courant que ma mère est décédée ? Il y a de cela fort longtemps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ha... Hum... (Toussotement gêné)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semblait bien avoir fait un mauvais numéro, je suis sincèrement désolée mon enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une vieille dame, elle m&#039;expliqua que la jeune fille qui lui fournissait l&#039;aide à domicile s&#039;appelait Tomoko comme ma mère. La gentille retraitée espérait lui transmettre ce message dans les temps à savoir ne pas ramener les affaires d&#039;hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je la remerciai, la connexion s’arrêta puis je restais là avec ce message comme une litanie en boucle dans mon crâne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne ramène pas les affaires d&#039;hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repris mes esprits. Combien de temps s’était-il écoulé à répéter ainsi le mantra de maman ? La chambre avait changé de visage à mon insu. Dehors, deux hommes discutaient à voix haute. Je songeai à me faire réchauffer la tasse de café qui trainait sur la commode, mais le besoin de me brosser les dents me tiraillait de l&#039;intérieur. Par ailleurs,  une envie lancinante d&#039;aller aux toilettes, un désir furieux de prendre une douche et tout un tas d’autres rumeurs se propageaient en moi. Par où fallait-il commencer ?</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 11:30:00 +0100</pubDate>
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      <title>Beau cheval blanc</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8486</link>
      <description>&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Oh toi, beau cheval blanc,&lt;br /&gt;Toi qui galope crinière au vent,&lt;br /&gt;Et qui maintenant,&lt;br /&gt;N&#039;est plus dans ton champ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd&#039;hui,&lt;br /&gt;Tu te retrouves dans une salle aux murs gris.&lt;br /&gt;Une lame patiemment attend,&lt;br /&gt;pour montrer son doux chant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#039;est un long sifflement suivi d&#039;un choc violent.&lt;br /&gt;Ta tête ne sera plus comme avant,&lt;br /&gt;Et ta crinière ne volera plus au vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil se lève aussi rouge que ton sang,&lt;br /&gt;Qui coule maintenant,&lt;br /&gt;Dans les doigts de ton assassin.&lt;/div&gt;</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 09:40:00 +0100</pubDate>
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      <title>Jour de chance - Chapitre Six + Epilogue</title>
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      <description>&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 6&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez de petites bestioles noires volantes semblables à des mouches dont les yeux exorbités sont d’un vert de jade, dotées d’ailes recouvertes d’une maille de fer et qui sont entourées d’une fumée aussi verte que leurs yeux semblant émaner de leur corps velu. C’est exactement ce qui se trouve en face de Gény et moi.&lt;br /&gt;Cela aurait pu rester des mouches, mais nous sommes dans le Corral, sur le continent du Minotaure. Alors vous devinez aisément qu’ici, rien n’est normal. Je sais que ces mouches sont à éviter le plus possible lorsque je vois le corps meurtri qui se trouve sous elles. Il est désarticulé comme un pantin dont on aurait coupé les ficelles, recouvert de cloques purulentes dont s’échappe la même fumée que celle des mouches, des blessures ressortant de sa chair à vif et du sang s’écoulant à flot sur le sol autrefois impeccable.&lt;br /&gt;Le pauvre Goth n’aura probablement rien pu faire contre les mouches. Moi qui étais persuadée qu’il avait succombé à l’attaque des androïdes dès son entrée dans l’arène, je découvre maintenant qu’il leur a échappé, et probablement le reste de la bande Max avec lui. Tout ça pour finir entre les pattes de ces mouches hideuses à l’odeur repoussante.&lt;br /&gt;Je n’ai pas le temps d’avoir pitié de lui, les mouches posent leurs yeux sur nous et nous prennent pour cibles. Gény et moi nous enfuyons avant qu’elles ne commencent à nous poursuivre, ce qu’elles ne tardent pas à faire. Nous courons vite, suffisamment pour garder les insectes volants à distance. Mais je sais que nous nous fatiguerons vite et que, de toute façon, mon cœur ne supportera pas un tel effort physique trop longtemps et je finirai exactement comme Goth.&lt;br /&gt;Gény et moi regagnons les coins fréquentés de l’étage en errant au hasard dans les rayons et en plus de fuir les mouches il nous faut maintenant éviter le plus possible les androïdes qui envahissent l’endroit. Tout en courant nous cherchons un moyen de nous débarrasser définitivement des mouches empoisonnées. Je finis par me rappeler la piscine qui se trouve à l’étage 8.&lt;br /&gt;J’entraîne Gény à ma suite et continues de courir. Nous nous faufilons entre les rayons et les étagères, bondissons sur les larges tables aux divers produits et bousculons toute machine se dressant sur notre passage. Nous finissons par apercevoir l’escalier aux bordures mauves et nous nous y engouffrons sans trainer la patte. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire nous nous retrouvons à l’étage supérieur.&lt;br /&gt;Les escaliers débouchant sur l’immense balcon, je conduis Gény au-delà de celui-ci et l’entraîne dans les couloirs qui suivent. Nous passons devant un nombre incalculable de portes, dépassons également les douches et les vestiaires. Et là, au fond du couloir, une porte ouverte donne sur la piscine bleue azur d’une taille et d’une profondeur incroyable. Nous plongeons dedans sans attendre.&lt;br /&gt;Les bulles d’air tourbillonnent autour de moi pendant que je m’enfonce de plus en plus dans l’eau chlorée. Mes pieds finissent par toucher le sol et je plis les genoux pour rester le plus loin des mouches qui, pourtant, ne crèvent pas la surface de l’eau. Je vois Gény à côté de moi s’agripper à la lumière aquatique de la piscine et se concentrer pour retenir sa respiration.&lt;br /&gt;Pour elle ce sera facile, pour moi beaucoup moins. Mon cœur déjà fragile ne le supportera pas longtemps et pendant que j’attends que les mouches passent leur chemin et s’en aillent, je pris pour résister le plus longtemps possible. Les mouches finissent par s’en aller, probablement lasses d’attendre, et Gény et moi ne tardons pas à regagner la surface.&lt;br /&gt;La première bouffée d’air et une torture pour mes poumons, la deuxième est une délivrance. Je nage jusqu’au bord à la suite de Gény en bénissant cet air qui nourrit mes poumons. Une fois sortie de l’eau, Gény m’aide à en sortir également et nous restons un moment immobiles à reprendre notre souffle.&lt;br /&gt;Un bruit horrible résonne contre les parois de la piscine et nous renvoi un écho en vingt fois. Puis un souffle d’air vient nous ébouriffer les cheveux en même temps qu’une secousse fasse trembler le sol. Gény et moi nous retrouvons écroulées sur le sol, les membres endoloris. Notre chute n’a pas été très grande puisque nous étions déjà au sol, mais le souffle de l’explosion a meurtri nos articulations.&lt;br /&gt;Nous nous relevons avec peine et attendons que quelque chose arrive. Nous nous attendons à voir quelques monstres horribles débarquer, voire les autres concurrents. Mais cela n’arrive pas. Je dis à Gény de rester cacher ici pendant que j’allais voir. Je suis obligée d’insister devant son refus et c’est à contre cœur qu’elle finit par baisser les bras. Je suis trop têtue pour elle.&lt;br /&gt;Je sors prudemment de la salle de piscine et avance doucement dans le couloir. La première porte que je trouve est celle des vestiaires et j’y entre sans tarder. Je marche entre les casiers avec silence et ne peux m’empêcher de me sentir comme une proie facile. Je n’ai aucune arme et mon cœur est trop capricieux pour que je fasse quoi que ce soit sans risquer ma vie dans une fuite. Si quelque chose ou quelqu’un me surprenait ici soudainement, il se débarrasserait assez facilement de la pauvre créature faible que j’étais.&lt;br /&gt;Le tour des vestiaires ne donnant rien, je sors dans le couloir et continues d’avancer jusqu’à arriver aux douches. J’entre dans la buée due à l’eau chaude excessive et avance en redoublant de prudence. La buée étant opaque, elle me cache la plupart des éléments qui m’entourent et m’empêche de me repérer convenablement. Je finis par me cogner contre quelque chose de solide et ne peux m’empêcher de lâcher un juron.&lt;br /&gt;Je pose les mains sur ce qui m’a cogné. C’est un plan de salle de bain en marbre gris d’un lisse impeccable. Devant moi, encastré dans le plan de marbre, un lavabo en cuivre étincelant. Je lève les yeux. Un blanc uni me fait face, m’empêchant de voir au travers. Devinant d’avance de quoi il s’agit, je lève la main vers le miroir et le débarrasse de la couche de buée qui l’obscurcit.&lt;br /&gt;Je ne suis presque plus invisible. Si je passais à côté de l’un de mes congénères il ne me verrait pas mais se retournait sur mon passage et apercevrait les contours de mon corps. De temps en temps je deviens plus distinct jusqu’à être complètement visible. Puis je redeviens flou avant de finir invisible.&lt;br /&gt;Je ne pourrai plus compter sur le sérum pour me sauver la vie, il ne fera plus effet d’ici quelques minutes. Dans peu de temps je redeviendrai aussi vulnérable que le sont les autres et cela ne jouera pas en ma faveur. Il faut absolument que Gény et moi atteignons l’étage 9 et gagnons la porte de la deuxième partie des Règles. Mais avant, je dois découvrir d’où venait l’explosion et surtout pourquoi.&lt;br /&gt;Je m’arrache à mon reflet de plus en plus visible dans le miroir et trouve difficilement la sortie de ce véritable sauna. Me revoilà dans le couloir et je reprends mon chemin comme si je ne m’étais jamais arrêtée. Des bruits de pas résonnent derrière moi et je me retourne au moment où Max sort des douches.&lt;br /&gt;Nous restons un instant immobiles à nous regarder en chiens de faïences, puis je tourne les talons et m’enfuis au moment où lui-même faisait un pas dans ma direction. S’il me voit alors mon compte est bon. En regardant par-dessus mon épaule pour suivre sa progression je remarque cependant que quelque chose chez moi le perturbe. Je dois être à demi transparente, sans doute. Voilà pourquoi il fronce les sourcils de suspicion.&lt;br /&gt;Je débouche sur le balcon et me précipite illico vers les escaliers. Hélas je tombe nez à nez avec Chris et Alie. Chris se jette sur moi. Je lui plante un coup de pied dans le plexus solaire et l’envoi voler en arrière. Il tombe sur Ali et tous deux dégringolent les escaliers. Je me retourne avec l’intention de revenir de là d’où je viens et me retrouve cette fois face à Max.&lt;br /&gt;Il me bondit dessus. Je me jette sur le côté et fais une roulade. Je me relève sur un genou et ai tout juste le temps de le regarder avant qu’il ne me donne un coup de poing. Je me plaque sur le sol et fais un tonneau pour l’éviter. Je me remets debout et me tourne vers lui. Il sort son couteau, le visage haineux à mon égard, et réattaque.&lt;br /&gt;Je me baisse, j’esquive, je lui donne des coups de coudes, de poings et de pieds. Mais cela ne suffit pas. Je deviens de plus en plus visible et je sais que dans quelques secondes il pourra me tuer librement. Son couteau bien en main, il plonge sa lame vers moi. Je lui attrape le poignet au vol et à l’aide de mon bras libre, je lui tords le coude dans le sens contraire de l’articulation. Un bruit de craquement horrible se fait entendre avec distinction et j’entends Max hurler à la mort comme si je venais de lui arracher un membre.&lt;br /&gt;Avec son bras encore valide il me donne un coup de poings et je me reçois le coup en plein dans le menton. À moitié sonnée, je ne me rends pas compte qu’il m’attrape et me jette par terre, devant lui. Je me retrouve au sol en moins de deux, roulée en boule sur moi-même. Il me donne un coup de pied. Comme si je n’étais qu’une feuille, un vent m’emporte et me fait faire une galipette arrière qui me tord les cervicales.&lt;br /&gt;Me voilà allongée sur le dos, le souffle court et le corps paralysé par la douleur provoquée par mon cœur au rythme dépassant la normale. Je sais que je suis parfaitement visible maintenant, je le vois à travers le regard triomphant que Max pose sur moi. Il reprend son couteau en main, le tient fermement et approche de moi avec lenteur, bien décidé d’en finir avec moi.&lt;br /&gt;Je vais mourir. Je le sais, il n’y a aucun doute possible. Je suis trop faible pour me battre, je ne peux plus bouger. Je vais mourir comme un chien laissé à l’abandon dans une rue mal famée. Au final je perds, comme il en a toujours été question. Et dire que pendant un instant j’ai vraiment cru que je pouvais gagner et retrouver ma famille pour vivre une vie facile.&lt;br /&gt;Je laisse derrière moi une mère aimante, un père affectif et un frère qui ne m’a finalement jamais connue. Qu’est-ce que neuf ans dans une vie ? C’est tellement peu. Et l’on m’a volé dix ans de mon existence. Au final je n’aurais rien fait qui puisse marquer les esprits. Seule ma famille se souviendra de moi. Je ne serais plus qu’un souvenir comme les trois cent soixante jeunes gens qui m’ont précédé dans les Règles du Minotaure.&lt;br /&gt;Je lève la tête et regarde ce qui m’entoure. Voilà l’environnement dans lequel je vais mourir : un tapis aussi mauve que la bande colorant l’escalier, des armes blanches accrochées au mur et un lustre de cristal d’une taille incommensurable et d’une beauté incroyable pour l’endroit. Puis, juste à côté, je vois la fente entre le plafond et l’étage 9.&lt;br /&gt;Je réalise que je suis suffisamment fine pour m’y faufiler sans problème. Une fois débarrassée de Max et de sa troupe, je reviendrai chercher Gény. J’évalue rapidement la distance qui sépare le bord du balcon au lustre accroché au plafond. Quelques mètres à peine. C’est suffisant pour ce que je veux faire, j’en suis sûre. Si je ne saute pas assez loin, je mourrai écrasée au sol. Mais je sais que je peux le faire et dans ce cas le lustre est solidement accroché au plafond, de quoi supporter mon poids.&lt;br /&gt;Le temps à l’air de se figer pendant que je me mets en action, un peu comme ces ralentis mille fois vus dans la télé de mon salon, dans la Région 1, à l’époque om je vivais encore là-bas. Je me lève souplement pendant que Max plonge sa lame vers moi. Je me baisse assez pour que son bras frôle mon dos. Je le dépasse. Je cours vers le bord du balcon. Je vois du coin de l’œil Max s’écrouler sur le sol après son saut trop violent combiné à un atterrissage dans le vide. Je vois également Alie et Chris monter les dernières marches de l’escalier. Eux risquent de contrecarrer mes plans.&lt;br /&gt;Mais un évènement inattendu se produit encore une fois. Je vois Vince grimper quatre à quatre les nombreuses marches du grand escalier. Je vois dans ses mains un plateau de métal probablement assez solide pour frapper quelqu’un au visage et lui casser le nez. Il arme ses bras et écrase son plateau sur les têtes d’Alie et Chris avec toute la force qu’il possède. Les deux alliés de Max s’écroulent une nouvelle fois et glissent dans les escaliers.&lt;br /&gt;Vince atteint la dernière marche et se tourne vers moi pendant que je continue de courir vers le bord du balcon. Il crie quelque chose que je n’entends pas. Je me sens coupée de l’extérieur, tous les bruits venant du monde réel me parviennent de loin, comme si je n’appartenais plus à cette terre. Je vois Vince s’élancer vers moi et je me sens pousser un peu plus sur mes jambes pour accélérer.&lt;br /&gt;J’atteins je bord du balcon. Je saute sur la rambarde sans attendre. Vince se rapproche un peu plus de moi. Je fléchis les jambes et me propulse en avant. Vince m’atteint au moment où je saute. Je sens ses doigts me frôler le talon droit pendant que je vole dans les airs. Je vois le lustre se rapprocher de plus en plus de moi et je ne peux m’empêcher de me réjouir de ma victoire.&lt;br /&gt;Puis soudain, contre toute attente, je me sens tomber. Toute joie m’envole, seule l’incompréhension surréaliste de ce qui m’arrive reste. Le vide m’enveloppe et m’entraîne vers son gouffre. Je suis tellement proche du lustre que je peux presque le sentir au bout de mes doigts. Mais je ne le touche pas. Et je ne le toucherai jamais.&lt;br /&gt;Je le vois défiler avec une lenteur incroyable devant mes yeux. Puis alors que j’arrive à son bout je baisse les yeux et regarde le vide qui m’attend. J’entends un hurlement lointain que je ne comprends pas, pas plus que pour le cri de Vince précédemment. Mes cheveux volent autour de ma tête, mon cœur bat de plus en plus vite.&lt;br /&gt;Un second hurlement se fait vaguement entendre et j’ai l’impression que ce cri vient de moi, car c’est ma voix que j’entends. Pourtant mes lèvres sont à peine entre-ouvertes. Je me demande un instant si ce n’est pas le cri de ma mère que j’entends d’ici tellement il est déchirant. Probablement un tour de mon imagination dans les derniers instants de ma vie.&lt;br /&gt;Étrangement, je suis très calme. Je n’ai pas peur, je ne ressens rien. J’ai même l’impression de me sentir libre pour la première fois de ma vie, un peu comme un oiseau lors de son premier envol. Le vent qui m’engouffre caresse ma peau avec douceur. Je me sens bien, tranquille, apaisée, enfin.&lt;br /&gt;Le sol se rapproche de plus en plus. Je ferme les yeux. Le noir qui m’entoure arrive bien avant l’heure et je me demande si ce que l’on dit n’est pas vrai, à savoir que lors d’une chute de plusieurs mètres le cœur lâche avant d’atteindre le sol. Avec mon cœur défaillant, cela ne serait pas étonnant. C’est même une délivrance.&lt;br /&gt;Je ne ressens ni douleur musculaire ni amertume à quitter cette vie lorsque je rencontre le sol. Je me sens m’écraser comme dans un rêve. Mon corps s’aplatit avec une lourdeur incroyable et un bruit mat, presque sourd. Et alors que mon corps reste sur terre, mon âme quant à elle continue sa descente jusqu’au centre de la terre. Jusqu’à l’oubli. La fin.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 06:46:31 +0100</pubDate>
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      <title>Figure de proue</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8503</link>
      <description>Chapitre I&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais fini d’aménager le quartier nord composé de logements modestes et les immigrants continuaient d’affluer, pressés de s’approprier les meilleures places. On leur avait dit qu’il y avait du travail ici et ils arrivaient en masse dans des chariots tirés par des bestiaux placides. Certains s’invectivaient à cause d’embouteillages malencontreux… quels doriques, ceux-là. Ce n’est pas avec ça que j’allais augmenter le niveau de culture de ma cité et j’avais des comptes à rendre, moi. Ils allaient apprendre ce que c’est que survivre ici. Il fallait leur faire oublier le confort qu’ils avaient connu à Lutèce, et vite. Je risquais la déportation et les galères, sinon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est quand j’allai visiter les carrières de marbre destiné à construire la forteresse d’Hadès qu’une alerte stridente m’escachia les oreilles. La cité était assiégée par une bande de cyclopes. Je me ruai vers le poste de garde. Trop tard. Ils avaient déjà trucidé les soldats et s’apprêtaient à assommer tous mes moutons. Je ne pouvais rien faire tout seul contre ces brutes hideuses, et Zeus y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Quelle idée aussi d’avoir choisi Hadès comme protecteur de cité…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas d’autre choix possible, hélas, que faire appel à Ulysse. Mais on ne savait pas trop où il traînait ni ce qu’il faisait à cette époque de l’année. En train de festoyer avec une bande de gueux à son image, sûrement. Ou bien de préparer un mauvais coup….. Cela ne m’enchantait guère de recevoir chez moi cet alcoolique mythomane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me résignai à lui construire une demeure digne de ce nom, dans les beaux quartiers, près des thermes et de l’amphithéâtre. Il fallut aussi stocker des amphores de vin. Et bien entendu je dus également mettre à sa disposition une magicienne. Rien que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fus obligé d’augmenter les impôts et devins vite impopulaire auprès de mon peuple. Ils menaçaient de s’en aller aussi vite qu’ils étaient arrivés, et pour couronner le tout les cyclopes s’étaient mis à lancer des boules de feu sur mes champs de blé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est alors que surgit le maître des Enfers en personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Gouverneur Théosippus, tu as failli à ta mission. Tu as dilapidé tout l’or que je t’avais octroyé pour étendre ma suprématie. Décidément, je m’étais trompé sur ton compte. Tu n’es pas digne de gouverner cette cité. En conséquence de quoi je te condamne aux galères.&lt;br /&gt;– Ah non, pas les galères ! suppliai-je.&lt;br /&gt;– Bon, soupira-t-il, je vais t’accorder ma clémence, et une seconde chance. Gardes ! débarrassez ce microbe de ma vue, et expédiez-le vers quelque contrée inhospitalière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je le croise de l’autre côté, je lui dirai deux mots, à Ulysse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à suivre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 03:55:49 +0100</pubDate>
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      <title>Le dernier contact</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8502</link>
      <description>«À Raymond Ross, au père, à l&#039;artiste et surtout à l&#039;homme qui m&#039;a inspiré dans tous ce que je suis aujourd&#039;hui» - Christian Ross&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Je me dirige d&#039;un pas précipité aux soins intensifs. Quand j&#039;y pense tout a été si vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Cela avait commencé par un simple mal de dos et puis plus tard, des maux de ventre. On n&#039;en avait pas fait de cas à l&#039;époque. On ne meure pas de ce genre de maux habituellement. Et un jour, j&#039;étais au travail. On m&#039;appelle sur mon cellulaire, c&#039;était Francine, sa compagne, visiblement troublée. Elle me demande d&#039;aller dans un coin où je pourrais être à l&#039;écart. Je me dirige à l&#039;extérieur près de mon auto. Il faisait encore chaud malgré l&#039;automne. La nouvelle m&#039;avait frappé de plein fouet. J&#039;ai du m’asseoir sur le banc de ma voiture tellement ça m&#039;avait affaibli. Une masse qui prenait la moitié de son pancréas et qui continuait de grandir était la cause de tous ces maux. Les médecins restaient avares de détails comme s&#039;ils craignaient de se tromper. Mais, de ce que je comprenais, l&#039;espoir était mince. J&#039;ai pleuré comme un véritable enfant. Je ne me préoccupais plus que mes clients me voyaient ou non, plus rien d&#039;autre n&#039;importait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J&#039;étais maintenant à deux pas des soins intensifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Après l&#039;annonce de la tumeur, tout avait déboulé rapidement. Un mois et il était rendu l&#039;ombre de lui-même. Cela avait commencé par de simples tests à l’hôpital, pour finalement décider qu&#039;ils devaient le garder. Des métastases ont commencé à se répandre partout dans son corps, lui rendant la vie de plus en plus difficile. Mais une chose ressortait. Il ne lâchait jamais. Il gardait toujours espoir qu&#039;il s&#039;en sortirait et continuait de discuter des différents aspects de la vie avec nous : de la politique, du hockey, de la science, de l&#039;art et nous lançait ses blagues bien à lui de temps en temps.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;J&#039;étais à la porte des soins intensifs, je vois mon frère, atterré, qui me dit:«Rien ne peut nous préparer à cela.» Malgré ce qu&#039;il me dit, j&#039;essaie de rester fort pour être le support moral que mon père aura besoin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; C&#039;est avec appréhension que j&#039;ouvre la porte. On est dans une grande salle ronde, sans intimité. On peut voir chaque malade en un seul coup d’œil. Au milieu, le centre de commandement, avec des infirmières et des médecins qui sortent et passent le temps d&#039;un instant. Une infirmière me voit arriver et me demande qui je viens voir et mon lien de parenté. En lui répondant, elle me sort froidement:«Vous avez 15 minutes.» et me pointe la direction du rideau où il se trouverait. Je l&#039;aurais bien remercié mais elle est partie trop vite pour cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J&#039;ouvre le rideau. Le contrôle, je ne l&#039;ai pas eu. Personne ne devrait voir son père entubé de partout, connecté dans un respirateur artificiel, amaigri comme s&#039;il n&#039;avait rien mangé depuis des jours. J&#039;ai pleuré de toutes mes forces, pas comme un enfant, mais comme un bébé cette fois. M&#039;entendant pleurer, mon père se réveille. J&#039;essaie tant bien que mal de me calmer. Mon père me regarde et me prend la main et me sourit.&lt;br /&gt; Il ne pouvait pas me parler mais son regard me communiqua quelque chose. J&#039;ai eu des flashs, comme s&#039;il me parlait télépathiquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je me voyais petit sur le balcon de notre premier appartement, il me comptait des histoires comiques. Je riais comme si c&#039;était l&#039;homme le plus drôle au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Plus grand, on était en camping, en famille, on mangeait des guimauves, il nous chantait des chansons comme il le savait si bien le faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Il était devant la télé, il reculait et avançait une vidéo pour regarder la parade de la Saint-Jean Baptiste où on voyait tous ses drapeaux fleurdelisés sur la rue. Il le faisait frénétiquement, car il voulait en faire une peinture. Le voir si passionné m&#039;avait fasciné. Je considère cette peinture comme son chef d’œuvre encore aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je le voyais pleuré, lui et mon frère, parce que le Canadien avait perdu la coupe. Pour moi, le non sportif, c&#039;était une forme de fascination et d&#039;admiration de voir un homme pleuré pour quelque chose que je voyais d&#039;aussi futile que le hockey.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je me vois dans une manifestation pour la loi 101. Voir mon père et tous ces gens s&#039;assembler pour une cause qu&#039;ils croyaient, m&#039;avait beaucoup marqué et fait comprendre que pour changer les choses, il faut agir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Mon frère, lui et moi étions tous étendu sur le plancher à l&#039;attendant la sortie de notre mère des toilettes. Nous faisions semblant d&#039;être sans connaissance. Il aimait jouer des tours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je vois le jour où il nous annonça qu&#039;il quitterait notre mère. Je lui dis que malgré cela, je l&#039;aimerais toujours. Il m&#039;écrit un poème plus tard sur ce sujet, que j&#039;ai encore aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je nous vois en train de débattre juste pour le plaisir de débattre même en prenant des opinions qui n&#039;était pas les nôtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; *Je nous vois dans un restaurant rapide, lui mangeant son hotdog, moi n&#039;ayant aucun appétit. Je lui avoue que je veux mourir. Mon père me dit:«Christian, ne lâche pas, parce que je ne te lâcherais jamais!» Et il a tenu promesse. Pendant des semaines, il m&#039;a pris en charge et m&#039;a redonné vie. Ils m&#039;ont donné naissance lui et ma mère, une deuxième fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*J&#039;étais à l&#039;hôpital avec mon bébé naissant dans les mains. Il me filmait fier et ému.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Après tous ces flashes passés, il s&#039;est rendormi. L&#039;infirmière vient me voir pour me dire que mon quinze minute est passé. En oubliant de la remercier, je sors. Je décide de m&#039;en retourner chez moi, c&#039;était la seule chose à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Le lendemain, je reçois un appel. C&#039;était une infirmière, une autre, qui me dit de me diriger immédiatement à l&#039;hôpital. Ma conjointe, sachant l&#039;appel que j&#039;ai eu, est inquiète. Ne pouvant m&#039;accompagner vu qu&#039;on a une jeune enfant et qu’on n’a personne pour la garder, je décide d&#039;y aller seul. Je conduis l&#039;auto en toute vitesse. Mon esprit était en état d&#039;arrêt, je n&#039;osais pas réfléchir. Plutôt étonnant venant de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J&#039;arrive en courant au couloir. Je vois mon frère à genou et une infirmière qui a la main sur son dos. Elle me voit et se lève. Elle me regarde et me demande:«Vous êtes son frère n&#039;est-ce pas?» Muet, je fais un signe positif de la tête. Elle parle d&#039;un air calme:«Votre père se sentait mieux cette après midi. Il a voulu se promener à l&#039;extérieur avec sa conjointe. Le médecin lui avait permis. Malheureusement, pendant que sa conjointe le mettait dans sa chaise roulante, il est mort dans ses bras d&#039;un arrêt cardiaque.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J&#039;aurais du être triste. Mais je ne l&#039;étais pas comme j&#039;aurais voulu. J&#039;étais bien sûr triste qu&#039;il ne soit pas là pour voir grandir ma fille, voir mon futur enfant et me voir continuer à évoluer. Mais je n&#039;étais pas triste qu&#039;il soit mort. Pendant quelques instants, je me suis demandé si j&#039;étais un fils indigne, jusqu&#039;à ce que je comprenne le sens du dernier contact que j&#039;ai eu avec lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Il m&#039;avait montré qu&#039;il avait eu une belle vie. Et que celle-ci, elle s&#039;est passé avec moi, avec mon frère et avec les gens qu&#039;il aime. Il a fait tous ce qu&#039;il a eu envie de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Avec ce contact, j&#039;ai compris que c&#039;était à mon tour maintenant. Il est mort comme il a vécu, aimant la vie et dans les bras de quelqu&#039;un qu&#039;il aime. Il m&#039;a passé le flambeau, à moi de célébrer la vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;</description>
      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 03:30:00 +0100</pubDate>
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      <title>Marionnette</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8497</link>
      <description>Je me sens seule ce soir, &lt;br /&gt;Je me sens laide sans toi.&lt;br /&gt;Mon âme est noire,&lt;br /&gt;J&#039;ai le mal de toi.&lt;br /&gt;Je ne veux plus rien,&lt;br /&gt;Je ne veux plus respirer.&lt;br /&gt;Je n&#039;ai plus faim,&lt;br /&gt;La douleur me plaît.&lt;br /&gt;Tu brûles mon coeur,&lt;br /&gt;Mes larmes sont à toi.&lt;br /&gt;Je déteste le bonheur,&lt;br /&gt;Car il ne veut pas de moi.&lt;br /&gt;Je t&#039;aime à la folie,&lt;br /&gt;Je souffre passionnément.&lt;br /&gt;Tu écris les lignes de ma vie,&lt;br /&gt;Tu les effaces soudainement.&lt;br /&gt;Je suis ta marionnette,&lt;br /&gt;Tu joues avec mon âme.&lt;br /&gt;Tu me fais perdre la tête,&lt;br /&gt;Et tu me laisses pour une autre femme...&lt;br /&gt;Il parait que c&#039;est la vie,&lt;br /&gt;Qu&#039;on finit par oublier.&lt;br /&gt;Quelle triste ironie !&lt;br /&gt;Je ne veux plus aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
      <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 22:45:15 +0100</pubDate>
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        <item>
      <title>Toi</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8495</link>
      <description>&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Bonjour rose d’été,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui de ce vent frais,&lt;br /&gt;M’enivre de ton odeur suave.&lt;br /&gt;Qui me guide vers l’excellence,&lt;br /&gt;De ce visage familier,&lt;br /&gt;Qui fait couler mes larmes,&lt;br /&gt;A l’approche de ses baisers.&lt;br /&gt;Que tes lèvres sucrées,&lt;br /&gt;Réveille mon désir,&lt;br /&gt;Qui par l’excitation,&lt;br /&gt;Me rappelle que c’est ton nom&lt;br /&gt;Que je veux murmurer,&lt;br /&gt;A mon dernier souffle.&lt;br /&gt;Et que ton visage puisse être la dernière vision,&lt;br /&gt;Que j’emmène vers l’au-delà…&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
      <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 19:20:00 +0100</pubDate>
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      <title>Envolée , la petite poupée </title>
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      <description>&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Quand je repense à toi petite poupée &lt;br /&gt;je ne peux m&#039;empecher d&#039;etre vulgaire &lt;br /&gt;parce que j&#039;etais tres mal alaise&lt;br /&gt;et tu m&#039;a enfoncé dans ma peine. &lt;br /&gt;On venait à peine de se connaitre&lt;br /&gt;je pensais que tu me resterai fidèle &lt;br /&gt;mais les gens simples et attachant &lt;br /&gt;me décoivent le plus souvent.&lt;br /&gt;Ils se laissent influencer&lt;br /&gt;par des poupées superficielles et malsaines &lt;br /&gt;presque méchantes et énormément fausses&lt;br /&gt;mais elles cachent bien leurs défauts&lt;br /&gt;et toi tu restes sans rien faire &lt;br /&gt;et tu perds ta petite poupée &lt;br /&gt;qui s&#039;etait déjà éloignée&lt;br /&gt;mais tu ne fais rien pour la garder &lt;br /&gt;parce qu&#039;elle avait déjà profondément changée.&lt;/span&gt;</description>
      <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:20:00 +0100</pubDate>
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        <item>
      <title>petit chaton de l&amp;#039;espoir</title>
      <link>http://www.outrereve.com/modules/news/article.php?storyid=8493</link>
      <description>petit chaton, si mignon, si petit si fragile.&lt;br /&gt;Je t&#039;ai récupéré croyant tout te donner &lt;br /&gt;J&#039;ai essayé croyant t offrir la vie.&lt;br /&gt;Mais je suis passé à coté, je me suis trompé, j&#039;ai échoué.&lt;br /&gt;Durant deux jours et deux nuit, j&#039;ai essayé de te nourrir, croyant bien faire, ayant l&#039;espoir étant sur de moi, je m&#039;en suis mordu les doigts.&lt;br /&gt;tu as du tant souffrir, je ne suis qu&#039;un bouffon.&lt;br /&gt;Ma peine est grande  de n&#039;avoir su te donner la vie parmi nous, je t&#039;aurai tant choyé.&lt;br /&gt;Ce matin préparant ton biberon, j&#039;avais bon espoir, mais tu es mort au creux de ma main...&lt;br /&gt;Quel bouffon je fais, incapable de ça, incapable de tout.&lt;br /&gt;Je pensais que ce Dimanche serait gaité, il en est tout autre.&lt;br /&gt;Ce matin j&#039;ai creusé ta demeure auprès de ma maison.&lt;br /&gt;Je ne voulait pas , je n&#039;envisagé pas que cela se passe si mal, j&#039;étais si heureux quand je t&#039;ai ramené sous mon manteau, toi abandonné.&lt;br /&gt;Tu ne méritais pas cela, je m&#039;en veux, de ne pas avoir été capable.&lt;br /&gt;Je ne suis qu&#039;un bouffon, tu as du tant souffrir.&lt;br /&gt;Et moi je n&#039;ai rien vu venir.&lt;br /&gt;Je suis si triste de ça, je culpabilise tant.&lt;br /&gt;Adieu petit chaton de l&#039;espoir,ce Dimanche pour moi est noir. &lt;br /&gt;Mon cœur saigne de chagrin, si petit et déjà si loin de moi.&lt;br /&gt;Je ne suis qu&#039;un bouffon, et beaucoup trop sensible, mais j&#039;avais tant d&#039;espoir &lt;br /&gt;Adieu mon petit chaton, pardonne ma médiocrité de n&#039;avoir pas su de donner, de n&#039;avoir pas su te sauver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Atlantyss26&lt;br /&gt;  </description>
      <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 11:19:39 +0100</pubDate>
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